Le souffle, le mandala, de mon temple intérieur
Écoute-moi. Je suis dissipé, je me suis posé ce matin, l'espace d'un instant, pour confier au seigneur le vent ces quelques mots :
Au cœur du silence, la chair s'émeut,J’entends, j’écoute, je reçois.Cinq diaphragmes dansent au rythme de mes marées intimes,
Mon bassin d’argile que je recycle gravite jusqu'au grand sommet, le ciel s'invite et se devine.
Chaque porte est un seuil, un prolongement de soi, mémoire sacrée du souffle.Le diaphragme premier ancre l'être aux racines de la Terre,
Tandis que le dernier dissout toute frontière, Ouvrant les vannes de l'Invisible.Le sentiment que toute cette structure est profondément vibrante, comme une amante.
Dans cette danse de vie, l'âme déploie ses strates,Gravissant des degrés que la Kabbale murmure à la nuit :
De Néfesh l'instinctive aux voiles de la matière,
Jusqu'à Yehidah, étincelle pure et souveraine,
En passant par Rouah, Neschamah et Hayah, la vie
L 'humanité épouse son temple intérieur.
La méditation s'invite, onde profonde , chavirante qui réaccorde mes notes poétiques,Effacement de mon terrible vacarme, le mental et les chimères de l'égo.Le souffle devient mon pinceau, la conscience l'esquisse,Traçant le grand cercle de lumière, tout s’unifie, s’abandonne comme une expiration avec attention
Au centre de soi se dresse alors le Mandala de l'être.Géométrie sacrée : la présence s'assoit, ancrée et vivante,
Chaque couleur, sur mon coeur,
Chaque pierre comme un temple,
Chaque éclat comme promesse de l’Éternel
Puise la sève au secret de la racine et de mon cœur.Et sentir que la source première est abyssale,Que cet enracinement viscéral fait plier et renaître mon monde...M'ouvrir a une vaste, magnifique délivrance, sans attente.
Mon squelette est vivant. J’ai rêvé de la mort, elle m’élevait comme font les âmes, tu sais ! Mon sanctuaire.
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