Vaste question, quel chemin emprunter pour rencontrer la paix en soi ou du moins la laisser émerger en soi ?
Est-ce une grande route où roulent à vive allure voitures et camions? Ou un petit sentier caché dans les bois que nous suivons avec patience et minutie, choisi avec conscience ? Ou est-ce un travail à entreprendre avec volonté et sincérité? Comment, quand vient l’initiative, le déclic? Le faut-il ou ne le faut-il pas? Quel premier petit pas puis-je amorcer pour laisser la paix s’installer, se blottir en moi ?
Le premier pas consiste à s’interroger, décider de visiter ses émotions, sa relation à l’autre, ce qui sommeille, ce que nous désirons ou tout simplement nos envies de pacifier, de trouver l’harmonie, l’accordance en soi et à l’autre. C’est une initiative périlleuse, car elle demande authenticité et sincérité sur le grand bal de nos pensées et de nos sentiments.
Je vois bien que mes émotions, mes pensées sont fluctuantes et que j’aimerais être linéaire ou, tel un roseau chahuté par le vent, rester tou-jours droite, quelles que soient les oscillations internes ou externes, mais je dois admettre que mon psychisme et ma sensibilité varient selon les situations.
Avec le temps, la conscience accrue et le travail personnel s’estompent ou se détachent des brides, des jugements, des discours intérieurs qui n’ont plus lieu d’être. Pour cela, j’accueille avec honnêteté tout conflit intérieur, toute musicalité intempestive, toute résonance à mon histoire et à ma construction psychique. Comme une mère, j’en prends soin, puis les détache pour qu’ils s’envolent vers d’autres cieux, voire qu’ils redeviennent poussière.
Toute confrontation de soi-même vers soi-même ou vers l’extérieur est un apprentissage, un chemin initiatique. Nous découvrons petit à petit nos résistances, nos peurs, mais aussi toutes nos capacités à transcender.Toute dissidence est le pile ou le face de nos invraisemblances, mais au final, elle forme une même facette, le même contact de nos dualités. Nous naviguons, nous nous heurtons à nous même, au monde.
Si nous choisissons de les embrasser avec lucidité et tolérance, nous serons capables d’offrir à l’autre patience, indulgence et compréhension pour dessiner communément en soi et en l’autre la compassion.
Extrait de Unité que vous pouvez retrouvez ici
Yaël Catherinet-Buk
Psychanalyste Jungienne-Analyste de Rêve
Autrice-Poétesse
https://www.reve-evolution.com/
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